Pays émergés, pays submergés !... et vos placements CAPITIS ?

Pays émergés, pays submergés !... et vos placements CAPITIS ?...

23 Août 2011

Lors du 20ème anniversaire de Capitis Conseil, le 11 janvier dernier, nous demandions à Marc TOUATI d’animer une conférence sur le thème : « 1991- 2031 : Que d’imprévus, que de mutations, que d'opportunités !!! » (diaporama disponible ici). Le thème central de notre 20ème anniversaire était, en effet, L’IMPREVU …

Puis, lors de la soirée, j'annonçais que les prochaines crises ne tarderaient pas à arriver…

Sous l’effet d’une triple peur concernant la :

- solvabilité des états,

- solvabilité des banques,

- croissance,

les marchés financiers ont violemment décroché entre le 22 juillet et le 19 août.

A titre d'exemple, notre indice domestique, le CAC 40, perdait plus de 21 % !

Tout a commencé par le problème de la dette des grands états européens. Le détonateur fut le 5 août lors de l’annonce, par l'agence de notation Standard and Poor’s, de la dégradation de la note de la dette des États-Unis.

J'ai d'ores et déjà conscience en écrivant ces lignes que nos clients les plus experts se disent que ce n’est pas un scoop et que nos clients les moins experts trouvent déjà cela compliqué.

Je vise toutefois à travers ces lignes un objectif pédagogique et pragmatique.

- Pédagogique, pour parler de certains mots et de certains chiffres d'une manière un peu différente que celle déversée ces derniers jours par le flot médiatique.

- Pragmatique, car le plus important n’est-il pas le comportement de vos placements au milieu de cette tourmente ?

Il y a déjà longtemps que je suis interpellé par le vocabulaire choisi pour désigner les pays de l’ancienne économie et ceux de la nouvelle économie. On parle, en effet de « pays développés » et de « pays émergents ». N'y a t-il pas déjà là une forme de condescendance de la part de ceux qui sont en haut et qui regardent ceux qui se hisseront peut-être un jour… à leur niveau ?

Or le monde, aujourd'hui, ouvre les yeux, car il se trouve au pied du « mur de la dette » !

C’est pourquoi, nous devrions revoir notre vocabulaire en parlant désormais des « pays submergés » pour les pays de la vieille économie (USA et Europe) et des « pays émergés » pour la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Australie, la Turquie et bien d'autres encore.

Je vais essayer ici de faire simple en commençant par parler « dette » :

- la dette américaine, (c'est-à-dire ce que le pays doit rembourser à ses créanciers) s'élève actuellement à 14 300 milliards de dollars. Il existe, dans une rue de New York, un compteur géant de cette dette quasiment illisible tant la vitesse de défilement des chiffres est grande. J'ose ainsi espérer votre indulgence quand à mon manque de précision. Ramenée en pourcentage du Produit Intérieur Brut (P.I.B.) américain (c'est-à-dire, pour faire simple, le montant de la richesse produite par le pays), cela représente environ 70 % !!

- La dette française s'élève, au premier semestre 2011, à environ 1 650 milliards d’euros, soit environ 85 % de notre P.I.B. !

- La troisième économie européenne, l’Italie, doit rembourser actuellement environ 800 milliards d’euros à ses créanciers, ce qui représente 120 % de son P.I.B. !!! …

- Enfin, la vertueuse Allemagne possède elle-même une dette d’environ 2 080 milliards d’euros représentant 83 % de son P.I.B. …

Le prisme de lecture n’est-il pas différent lorsqu’on présente les choses ainsi ?

L'endettement de tous les états du monde (ils sont environ 200) est pour 2011 de l'ordre de 42 630 milliards de dollars ! En dix ans, il a augmenté de 134 % …

Comment pouvons-nous continuer à accepter des années encore de la part des états ce qu’aucun ménage ne supporterait durant quelques mois ?

Savez-vous, par exemple, que la dernière fois que la France a présenté un budget en excédent, c'était en… 1974 !!

Déjà, en octobre 2009, j’évoquais ce problème dans un billet intitulé « Le vélo à roulettes ». Voici le temps où il faut enlever les roulettes.

Cette crise est bien le résultat d'une prise de conscience et d’une fâcheuse concomitance entre la situation des États-Unis et celle de l'Europe.

Maintenant, si nous parlions « cash » ? Je ne veux pas dire, si nous parlions « sincèrement », car c'est bien ce que je suis en train de faire me semble t’il, mais je veux dire, si nous parlions « argent dans la caisse » (c’est plus clair ?...)

Quand les journalistes nous parlent en permanence de « stocks de dettes » et de pourcentages, vous sentez-vous plus avancés ? Moi, pas toujours.

Mais si je vous dis de combien dispose en « monnaie sonnante et trébuchante » certains états, il y a de grandes chances que vous compreniez mieux.

Le gouvernement américain dispose aujourd'hui dans son « porte-monnaie » de 73 milliards de dollars. Ce chiffre est inférieur à la trésorerie dont dispose APPLE, puisque cette emblématique société qui vient de devenir, depuis quelques jours, la première capitalisation mondiale, détient dans ses caisses 76 milliards de dollars !

L’État français dispose d’environ 64 milliards d’euros. La société TOTAL, la première capitalisation du CAC 40, détient en caisse, une trésorerie de l'ordre de 14.5 milliards d’euros.

Les choses commencent à s’éclaircir, n’est-ce pas ? …

En mai 2010, dans un autre billet d’humeur intitulé « Les cigales et les fourmis », nous parlions de la Grèce, coquine cigale qui avait dépensé sans compter. On a découvert ensuite que malheureusement elle avait des copines …

Parlons à présent de la Chine que certains disent encore « émergente ».

La « fourmi chinoise » détient dans ses caisses 3 000 milliards de dollars de réserves de change (c'est plus que le P.I.B. français …). L'endettement des ménages chinois ne représente que 17 % de leur revenu (contre 136 % pour les Américains, selon le magazine Forbes) et la richesse de ces ménages est de 3 627 milliards d’euros… Les Chinois n’aiment pas le crédit, puisque seulement 5 % d'entre eux détiennent une carte de crédit contre 60 % aux États-Unis).

Maintenant parlons croissance.

Les économies développées ont peur d'entrer en récession (c'est-à-dire, avoir deux trimestres de croissance négative) quand les taux de croissance 2010 pour le Brésil, la Turquie, l'Inde, la Chine ont été respectivement de 7.5 % , 8,9 % (11 % au premier trimestre 2011! ) 8,6 % , et 9,5 % …

Je voudrais rappeler ici que la croissance mondiale est encore comprise entre 4 et 5 %, mais le problème de la moyenne est que lorsque vous avez les pieds dans le four et la tête dans le frigo vous êtes effectivement bien…. en moyenne !

Il est temps que je devienne pragmatique en vous parlant du comportement des avoirs que vous avez bien voulu nous confier.

Le 10 mai 2010, nous vous adressions un article intitulé « Les capitaines du navire » dans lequel nous évoquions notre rôle sur le long terme et notre difficile tâche consistant à anticiper « l’imprévisible » …

Il y a déjà longtemps que nous avons sélectionné pour vous des solutions que nous pouvons classer en quatre catégories, comme indiqué dans le tableau ci-dessous. Vous pourrez ainsi facilement repérer ce que vous possédez.

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Dans ce contexte volatile, nous tenons à saluer la résistance exemplaire de la société de gestion Carmignac .

Ecoutez les dirigeants de Carmignac : Eric le Coz - Didier Saint-Georges

Lisez les commentaires relatifs aux principaux fonds Carmignac

 

Consultez le tableau des performances AOUT 2011

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Pour les trois premières catégories, on estime qu'elles sont parfaitement adaptées à la situation actuelle et que le risque de perte en capital au terme de l'horizon d'investissement choisi est nul ou très faible. En ce qui concerne les produits structurés à capital protégé en moins value, leur échéance lointaine nous paraît rassurante.

La question se pose alors pour la quatrième catégorie qui repose sur une gestion « actions » beaucoup plus sensible à la grande volatilité actuelle des marchés.

Nous espérons vous démontrer grâce à ce tableau qu’un professionnel, même s'il est souvent critiqué, fait en général mieux que le « boursicoteur » émotif.

Le monde est en train de basculer sous nos yeux et les solutions sont plus que jamais entre les mains des politiques, car, de manière générale, les petites et moyennes entreprises du monde entier font ce qu'elles ont à faire.

Les « pays submergés » doivent rapidement trouver des solutions pour sortir la tête de l’eau, sinon ils deviendront demain la propriété des « pays émergés ». N’est ce pas déjà ce que la Chine (qui possède en grande partie la dette américaine) est en train d'expliquer aux États-Unis ?...

Mon équipe et moi même restons à votre disposition pour tenter d’augmenter votre discernement si vous l’estimez nécessaire.

Bien sincèrement à vous.

 

Jean-Michel Coy